Parce que toute la question tourne autour du devenir du personnage principal. Alors, je retarde l’inéluctable car oui, ça l’est. Et ce, depuis le début de la nouvelle. Cela n’empêche que le débat en est toujours au même point dans ma tête… et ma conscience : vais-je vraiment devoir sacrifier cette jeune et jolie innocente pour la postérité ? A l’instar du brave 10ème gamin qui se fait écraser avant l’inauguration d’un passage pour piétons ?

Un soir même, je crus voir s’ébaucher quelques idées sur mon petit écran télévisé lors de la diffusion du téléfilm État de manque :

Elsa, Safia et Amandine travaillent toutes les trois à la Providence Universelle, une compagnie d'assurance située à La Défense. Elles échouent en cure de thalasso, au Touquet, l'une pour arrêter de boire, l'autre de fumer et la troisième pour se mettre au régime. Elles découvrent alors que tous leurs malheurs ne viennent que d'un seul homme travaillant dans la même compagnie d'assurances. De retour à la Défense, elles mettent sur pied un plan de vengeance diaboliquement féminin.

Pour faire bref, le téléfilm nous dresse le portrait d’un parfait manipulateur. Il séduit, repère les failles chez sa victime (pour l’une la boisson, l’autre la cigarette et la dernière, son surpoids) puis la détruit et passe à la suivante.

Nous n’avons pas affaire à un simple séducteur, ni à un « connard moyen », mais véritablement au « vampire affectif » du Dr. Lopez ou encore, au « pervers narcissique » de Marie-France Hirigoyen, soit, comme dit plus haut, le « manipulateur pathologique » d’Isabelle Nazare-Aga.

Comme l’énonce le synopsis, trois de ses victimes osent enfin désigner leur bourreau et décident de se venger. Jusque là, ça collait parfaitement au scénario qui m’intéresse pour cette nouvelle. Malgré l’humour qui vient alléger le thème lourd du film, l’intrigue s’essouffle mais aboutit à une croisée des chemins prévisible : les victimes, devenues à leur tour les bourreaux, se retrouvent prises au piège de leur propre vengeance.

Ah ! Nous y voilà, pensai-je alors. Et bien non, la seule raison d’être du téléfilm disparaît lorsque l’impossible se produit : le manipulateur évolue. Le réalisateur tenait là quelque chose d’essentiel pour beaucoup d’entre nous et finalement, nous ment d’un coup de baguette magique. Pour couronner le tout, le happy end gravite autour du manipulateur qui « tombe amoureux » et se marie. Du grand n’importe quoi de haute voltige et totalement improbable (un manipulateur est dépourvu d’empathie et est incapable d’éprouver des sentiments amoureux), qui m’amène à me demander si celui qui a conçu le scénario n’est pas pervers.

Au final, hormis vous déconseiller vivement ce téléfilm horripilant, de mon côté, je n’ai pas beaucoup avancé dans mon questionnement. Un jour de colère, peut-être… En attendant, c'est croquettes.