Ce film est pour moi un vrai coup de cœur, il ne tricote pas des chandails entiers de mystère autour de l'orgasme et de la sexualité sans toutefois vous plonger dans un univers atypique et magique, où pourtant vous vous y sentez à l'aise, comme chez vous... comme au Shortbus. Un lieu qui pourrait s'apparenter à une boite d'échangisme ou d'exhibitionnisme, ou encore de débauche. Mais creusez un peu plus et vous comprendrez qu'il s'agit tout simplement du carrefour de la tolérance où se mêlent romance et personnes de tous horizons avec chacune une histoire.

Sofia, une femme mariée et sexologue en quête de l'orgasme introuvable, est le principal fil conducteur du film. Cependant, chacune de ses rencontres va constituer une nouvelle pièce du puzzle, qui, une fois achevé, sera à l'image du Shortbus. Le lieu où tous se rejoignent et se retrouvent, eux-mêmes.

Vous en dire davantage vous gâcherait le plaisir de voir ce long métrage, c'est pourquoi je finirai en vous jetant quelques miettes à propos de sa réalisation. Par exemple, et histoire de vous mettre davantage l'eau à la bouche (celle que vous voudrez), Sook-Yin Lee, l'actrice principale qui joue le rôle de Sofia et qui est une chanteuse canadienne, a failli se faire licencier par ses employeurs actuels de la Société Radio-Canada, en raison de sa participation à ce film où les scènes érotiques, en ce compris les scènes d'orgies, ne sont pas simulées. C'est grâce au retour du public qu'elle gardera son poste. De plus, puisque je parle musique, la bande originale est vraiment superbe et prenante dans ces décors surréalistes.

Et enfin, le plus étonnant pour moi fut de découvrir que bien que Shortbus fut tourné à New-York, il s'agit d'une réalisation américaine et de surcroît, de John Cameron Mitchell. Il va de soi qu'à sa sortie dans les salles en 2006, il ne fut diffusé uniquement dans les salles de cinéma dites spécialisés aux USA alors qu'en Europe, une simple restriction d'âge a été imposée.