Etrennons-la donc avec un grand classique, la dernière campagne de Dove qui répond à une véritable réflexion sociale: l'impact de la propagande des dictateurs de la beauté, les médias.

Dove, le nouveau porte-parole des féministes? Un large débat dans lequel je ne compte pas m'attarder pour directement passer à ce que je constate: ils deviennent redoutables en terme d'image et les résultats de leurs campagnes sont plus que positifs. Bref, un grand ennemi du marché cosmétique qui parvient à répondre à une réelle demande sociale. Et c'est plutôt ce dernier point qui m'interpelle... Par ailleurs, un article du chroniqueur et directeur de publication, Daniel Schneidermann dans l'incontournable Arrêt Sur Image analyse "l'effet Dove" sous un angle plutôt critique et pertinent :

Dictature de la beauté: c'est de votre faute, les filles ! (vous dit la blogosphère)

Par Daniel Schneidermann le mercredi 12 septembre 2007 CHRONIQUE

Les voies de la blogosphère sont parfois impénétrables.

Un étrange débat se déroule ces jours-ci, à fronts renversés.

C'est une entreprise de cosmétiques, Dove, qui a lancé depuis plusieurs années le débat sur la dictature de la beauté dans la pub.

A travers un clip-choc qui a connu un grand succès.


Dove démonte la fabrication de la beauté

Dove a choisi de se faire une image en créant un "fonds pour l'estime de soi", qui diffuse le film en question.

Evidemment, c'est Dove. C'est à dire, une marque. Une marque ne fait pas de philanthropie. Donc, si Dove investit dans la dénonciation de la dictature de la beauté, elle fait "de l'image". auprès des femmes qui s'estiment victimes de cette dictature. Comme toutes les marques. OK.

N'empêche que cette marque qui fait de l'image effectue, à mon sens, un travail utile. Ce clip, ci-dessus, est accablant, jbilatoire, et utile.

Et c'est étrangement sur le Web que nait, ces jours-ci, avec retard, ce qui ressemble à une contre-offensive. "Si les filles se rendent malades parce qu'elles veulent ressembler aux canons des affiches, ce n'est pas de la faute des publicitaires, mais de la leur", estime (en très résumé) un billet publié dans un blog, "Idée reçue numéro 1: la dictature esthétique des medias".

Lisez ce billet.

Relisez-le.

Je ne sais pas si vous avez tout compris.

Moi j'ai compris ça:

Premièrement, les graphistes qui participent avec leurs petites mains à la "dictature de la beauté" ne le font pas pour imposer un canon esthétique, mais pour attirer l'oeil du chaland.

OK. On est bien avancés.

Deuxièmement, si des greluches se rendent malades et anorexiques pour ressembler aux nanas des affiches, c'est de leur faute. Z'avaient qu'à pas regarder. Z'avaient qu'à pas ouvrir les magazine pipeul. Z'avaient qu'à marcher les yeux fermés dans la rue. Z'avaient qu'à fermer la télé. Z'avaient qu'à. Non mais.

Bon.

"Diplomatie ouest-indienne" a le droit de penser ça. Et comme on ne va pas verser ici dans la théorie du complot, je me garderai bien de supposer que "Diplomatie ouest-indienne" (nouveau venu au bataillon) puisse être un instrument de marketing viral de tel ou tel syndicat d'annonceurs, ou frabricant de cosmétiques.

Mais le plus étonnant, c'est l'impact de ce billet confus. Comme il vous a un petit air de "je-casse-la-pensée-unique-Dove", il bénéficie d'un grand impact sur le Web, ayant notamment été repris par le Rezo.

Donc, chers amis, la situation actuelle du débat d'idées est la suivante: on a une grosse entreprise cosmétique qui démonte (avec un clip aussi efficace que les spots de pubs les plus efficaces) les pubs loréalisantes.

Et la blogosphère qui, ces jours-ci, n'ayant sans doute rien de mieux à faire, s'amuse à défendre et justifier le Loréalisme.

Nous vivons une époque confuse. Bonne journée.

(C'était notre rubrique: c'est pas parce qu'on est un blog, et qu'on a pris le maquis, qu'on ne va casser que TF1).


Et enfin, puisque vous avez été sages jusqu'ici, voici le dessert. Dans un tout autre genre et assez décalé, un clin d'œil du blog TuffSheet:

We made our Dove spoof as a playful homage to the original. A wise man – it may have been Ross Kemp – once said that you can only spoof something you love. If you’re indifferent to something, you ignore it. How very true, Ross, how very true.

Who are we?

We are TUFFSHEET.com. A group of insanely attractive underground renegades who live in a disused castle on an offshore island in the middle of the Indian Ocean. Our mission is to infiltrate the world’s elite organizations and bring about anarchy and revolution to the world whilst eradicating hunger and disease…but when we’re not doing that we find funny virals/videos of fat men falling off ladders and Star Wars spoofs PURELY FOR YOUR PLEASURE. (...)

(www.campaignagainstreallife.com)