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Avant-propos

Ce guide n’a en aucun cas oublié les couples de femmes, or, partant du principe que celles-ci connaissent l’intense expérience des menstruations, il semble dès lors inutile de le leur adresser. Si toutefois vous êtes une de ces rares femmes que les règles n’ont jamais troublées, alors considérez que ce qui suit vous concerne.

Pourquoi ce guide ?

Si vous n’avez jamais vécu avec de femmes menstruées, il est tout à fait normal que vous vous posez la question. Dans le cas inverse, vous ne la poseriez pas ou alors, vous êtes totalement inconscient du danger qui vous guette.

Les règles sont un véritable métronome de la vie d’une femme, parfois sources d’angoisses, mais aussi de symptômes multiples avant et pendant celles-ci, du plus anodin au plus impressionnant. Humeur dépressive, anxiété, colère, irritabilité, difficulté de concentration, insomnie auxquels se rajoutent les manifestations physiques tels que prise de poids, gonflements des seins, douleurs diverses… Autant de facteurs susceptibles de chambouler le quotidien à deux.

Depuis très longtemps, les règles ont une image négative et il est parfois bien facile aux hommes d’attribuer certaines sautes d’humeur à nos hormones. Or, ont-ils seulement idée de ce qu’une femme traverse avant et pendant cette période de grands changements hormonaux ? Ce guide a donc pour vocation de vous éclairer sur les mystères et les risques inhérents aux comportements de la femme réglée.

Signes préliminaires

Comment reconnaître une femme sur le point d’être réglée ? Comment distinguer les signes avant-coureurs chez la femme souffrant du syndrome prémenstruel ?

Le SPM et symptômes prémenstruels

Commençons tout d’abord par comprendre le syndrome prémenstruel (SPM) : sa particularité est qu’il se produit de manière cyclique, une à deux semaines avant les règles et que les premiers symptômes interviennent entre 25 et 40 ans. Mais attention, il ne peut en être question que si ce phénomène se produit pendant plusieurs cycles consécutifs.

En effet, il ne faut pas confondre symptômes prémenstruels et syndrome prémenstruel : si 75% des femmes ressentent des symptômes divers à l’approche des règles, seulement 20 à 50% présenteraient un syndrome prémenstruel.

Manifestations

De manière générale, dans les symptômes prémenstruels et le syndrome prémenstruel, les manifestations sont multiples :

  • Tension mammaire : seins gonflés, tendus, hypersensibles et douloureux.
  • Troubles neuropsychiques : signes dépressifs, troubles de l’humeur, céphalées, migraines, irritabilité, fatigue, troubles du sommeil et du comportement alimentaire.
  • Troubles digestifs : gonflements abdominal, nausées, vomissements, diarrhée, constipation…

Ces symptômes sont loin d’être anodins et peuvent réellement handicaper la vie quotidienne des femmes qui en sont victimes, dès lors, messieurs, vous comprendrez pourquoi cette période est dans bien des cas plus significative que les règles en elles-mêmes. Un amalgame qui pourrait s’avérer fatal pour vous, et ce n’est qu’un début…

Une enquête menée en Grande-Bretagne par le Women's Nutritional Advisory Service1, auprès de 400 femmes souffrant d'un SPM, indiquait que :

  • 57 % d'entre elles avaient déjà eu des idées suicidaires ;
  • 97 % avaient une humeur instable ;
  • 94 % se sentaient anxieuses ;
  • 84 % se disaient violentes et agressives.

(Syndrome prémenstruel : le cycle infernal, Doctissimo)

Les Russes débarquent

Ca y est, les Russes sont là. Madame paraît à la fois soulagée et contrariée, là demeure tout le paradoxe des règles. Dans un premier temps, elles peuvent signifier l’arrêt du SPM ou autres manifestations désagréables, mais aussi que « tout se passe comme il faut » (sauf attente d’un heureux événement bien entendu). Néanmoins, dans un second, cela peut aussi marquer le début d’une autre bataille : de nouveaux symptômes avec de nouvelles douleurs et un contexte psychologique parfois particulier.

Mais que sont donc ces fameuses règles ?

Définition et physiologie :

Les règles, ou menstruations, ou encore flux menstruel, sont un écoulement sanguin périodique. Elles proviennent de l'intérieur de l'utérus, plus précisément du renouvellement superficiel et périodique de la muqueuse utérine. Cette modification de la muqueuse utérine est la conséquence d'un changement hormonal en fin de cycle, changement marqué par une baisse des sécrétions d'oestrogène et de progestérone. Les règles ont lieu 14 jours après l'ovulation. En cas de grossesse, un corps jaune se développe sur l'ovaire qui a ovulé. Il continue à sécréter ces hormones à fortes doses et la muqueuse utérine reçoit alors une stimulation hormonale favorable à l'implantation de l'embryon.

Le volume des règles et leur durée varient beaucoup selon les femmes : en moyenne, entre 5 et 25 ml et de 2 à 6 jours, pour des cycles de 28 jours.

(Les règles, Doctissimo)

Manifestations

En principe, bons nombres de manifestations désagréables disparaissent au moment des règles, cependant, de nombreux symptômes sont encore possibles :

  • Tension mammaire : seins gonflés, tendus, hypersensibles et douloureux mais bien souvent, ce symptôme disparaît pendant les règles.
  • Troubles neuropsychiques : signes dépressifs, troubles de l’humeur, céphalées, migraines, irritabilité, fatigue, troubles du sommeil et du comportement alimentaire.
  • Troubles digestifs : gonflements abdominal, nausées, vomissements, diarrhée, constipation…
  • Dysménorrhée ou règles douloureuses : spasmes utérins, crampes irradiant dans le bas du dos ou dans l'intérieur des cuisses s'accompagnant souvent de nausées, de vomissements, de diarrhée, de maux de tête et même de vertiges… Cette affection peut apparaître avant les règles et perdurer pendant celles-ci. Ces douleurs sont le fait des muscles de l'utérus qui se contractent pour expulser l'ovule non fécondé ainsi que les cellules et le sang de l'endomètre (paroi utérine) qui ont servi à le nourrir.

Modifications du comportement

Il apparaîtrait selon plusieurs enquêtes[1] les changements de comportements sociaux suivants et qui peuvent varier selon les femmes pour des raisons d’inconforts psychologique et physique (peur des fuites) :

  • Fuite des rapports sexuels ou des situations trop câlines.
  • Vie sociale limitée : exit la piscine ou les sports nautiques, le camping, le découchage, les endroits où les toilettes sont peu accessibles, les voyages, les sorties tardives…
  • Limitations du vestimentaire : exit les mini jupes, les shorts, les pantalons clairs et/ou moulants, et changement de lingerie pour une plus confortable et adaptée.

Règles d’hier à aujourd’hui

Héritage des différentes religions et de croyances ancestrales, les menstruations ont longtemps revêtu un caractère tabou. L’étymologie même du mot tabou serait "tapoua" qui signifie "règles" en polynésien ! Mais après plusieurs années de non-dits, l’arrivée de la contraception offre aux femmes une meilleure compréhension du cycle menstruel et donc du rôle joué par les règles.

Il y a 30 ans, les règles étaient marqueur de bonne santé et devaient être "présentes", "régulières" et "abondantes"… Si elles ne répondaient pas à ces critères, on conseillait d’aller consulter un médecin. Depuis les années 80, différentes communications ont largement contribué à dédramatiser et à banaliser les règles. Aujourd’hui, les femmes ont le pouvoir sur leur vie, assumant de concert une vie professionnelle, une vie familiale et personnelle. Et cette liberté s’accommode plus facilement de "peu de règles", pour mieux contrôler ce rendez-vous mensuel et ainsi mieux gérer sa vie et ses envies. Si malgré tout, les menstruations restent encore un sujet de "confidences très féminines", les femmes osent désormais en parler entre elles, sans langue de bois.

Et il apparaît que malgré les progrès en matière de contraception (les pilules et les stérilets hormonaux diminuent le flux des règles) et de protection, de nombreuses femmes changent leur comportement à cause de leurs règles.

(Deux tiers des femmes gênées durant leurs règles, Doctissimo)

En pratique : interagir avec une femme réglée ou sur le point de l’être

Jusqu’à présent, ce guide n’a fait que survoler synthétiquement le phénomène des règles, cependant, à ce stade, vous avez assez d’éléments en main pour concevoir un dixième de ce que la femme traverse avant et pendant ses règles. Vous pouvez dès lors multiplier ce résultat à la puissance 10 et vous vous rapprocherez d’un petit pas de notre enfer.

Si vous êtes vraiment curieux d’en savoir davantage, je vous invite à parcourir les dossiers de Doctissimo qui ont l’avantage d’être relativement accessibles.

Soyez à l’écoute de ses besoins et ses désirs

Outre l’état quasi orgastique que m’engendre la rédaction de ce sous-titre, veiller être à son écoute est essentiel pour votre bien-être, j’ai bien dit : le vôtre, à chacun. Si madame se sent écoutée et prise en compte, non seulement vous éviterez le déclenchement de possibles hostilités à court terme, mais aussi, vous constaterez par vous-même qu’elle finira par trouver ce dont elle a réellement besoin puis, par s’apaiser.

Exemple:

Ho j'ai une bouffée de chaleur là, c'est énorme, puis j'ai envie de chocolat mais non, finalement non, je suis ballonnée. Holàlà, quelle galère, je me sens insupportable. Je vais récurer la cuisine tiens, et puis non. Descends les poubelles, tu veux? Je ne supporte pas l'odeur et puis j'ai mal au dos. Dis, tu me masses? Non, pas si fort ! Bon, en fin de compte tu peux sortir avec tes potes, je vais traîner en vieux pyjama devant la télé avec une tisane et les chats.

La clé de réussite d’une telle issue win-win réside dans un seul mot : la patience. Restez souriant mais ne l’abrutissez pas non plus, confer le conseil suivant.

Evitez de la contrarier

Il existe 1001 façons de contrarier une femme, oui, vous le savez déjà. Néanmoins, éviter certains points névralgiques particuliers et générateurs de très grandes tensions vous sera salvateur.

L’infantilisation: autant la femme aime se sentir écoutée et comprise, autant elle peut haïr et très mal percevoir tout comportement infantilisant qui vise à montrer avec exagération votre totale compassion que vous ne pouvez de toute manière pas avoir. Et ça, elle le sait pertinemment bien et déteste être prise pour une gourde par dessus le marché.

Les vieux dossiers: rouvrir un vieux dossier par mégarde ou volontairement tient du suicide.

Les blagues machistes: dois-je vraiment rappeler le degré de susceptibilité de la femme à cette période particulière de festivités hormonales ?

Les sarcasmes: désirez-vous réellement la voir fondre en larme dès le matin devant son bol de Spécial K ? Attention, certaines sont vindicatives.

Les remarques sur son physique: une prudence maximale s'impose à ce niveau, c'est bien simple, ne faites aucune critique à l'égard de son apparence. Vouloir en faire de trop en la complimentant est tout aussi risqué: elle est réglée = elle se sent moche et voudra avoir raison. Paradoxalement, la lui donner signera les prémices d'une nouvelle crise à gérer. Bref, évitez de vous aventurer sur ce terrain, cela vaut mieux pour vous et son mascara.

Le sexe

Ici, nous chevauchons en terres totalement brumeuses, il ne tient qu’à vous d’aborder le sujet avec votre chère et tendre pour connaître ses véritables attentes ou son état d’esprit sur la chose. Il faut savoir que nous sommes diamétralement différentes les unes des autres par rapport aux relations sexuelles avant ou pendant les règles.

Certaines n’en tiennent absolument pas compte, les règles ne sont en aucun cas un obstacle. De plus, l’absence ou la faible importance des symptômes leur permettent en toute quiétude de jouir, dans tous les sens du terme, d’une remontée de testostérone (hormone mâle qui régule la libido).

A l’inverse, pour d’autres, il s’agit d’une période « sacrée » qu’elles désirent traverser « seules » avec elles-mêmes. Ces femmes ont chacune leurs raisons liées à toutes sortes de causes qui peuvent se cumuler ou s’influencer les unes et les autres: la culture et/ou la religion (le mythe de « la femme impure »), l’éducation et les fausses croyances (sensation d’être « sale » et honteuse ou que c’est déconseillé médicalement…), un traumatisme (IVG, viol…), une appréhension ou un dégoût de la vue du sang pendant les moments intimes, ou encore une philosophie personnelle (sensation de se purifier).

Et enfin, pour bon nombre de femmes, ce n’est tout simplement pas envisageable, la plupart du temps, en raison des symptômes handicapants : douleurs, nausées, migraines ou céphalées…

En bref

Accepter de vivre avec une femme, c’est accepter de vivre avec « ça ». Si Dame Nature lui a prodigué une peau douce à caresser, des seins agréables à pétrir et une croupe débilitante à regarder ce n’est pas sans leur contrepartie. Ces mêmes hormones que vous incriminez à tout-va pour un changement d’humeur, sont celles-là mêmes qui sculptent sa parfaite plastique et qui, surtout, vous ont mis au monde et nourris les premiers mois de votre vie.

Remarque

Cet article sera, je l’espère, soumis à d’autres prochaines mises à jour. N’hésitez en aucun cas à soumettre vos idées pour compléter les conseils à prodiguer aux hommes face aux femmes réglées.

[1] Enquête TNS Gallup – Nana réalisée auprès de 2 627 femmes de 15-24 ans réparties sur les pays suivants : Suède, Danemark, Royaume Uni, Pays Bas, France, Italie, Hongrie, Russie. L’ensemble de l’enquête est disponible sur le site de Nana.

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